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07/12/2017 10:11:32

USA: l'embellie de l'emploi devrait se poursuivre


Washington (AFP): Le gouvernement americain publiera vendredi les chiffres officiels de l'emploi aux Etats-Unis en novembre qui devraient demontrer a nouveau le dynamisme du marche du travail a un...

moment où l'économie va encore être stimulée par la réforme des impôts.

Les analystes prévoient de solides créations d'emplois à 190.000 après 261.000 en octobre, un chiffre qui avait été exceptionnel du fait d'un rebond d'activité après le désastre apporté par les ouragans au Texas, en Floride, en Louisiane à la fin de l'été.

Le taux de chômage devrait rester à 4,1%, son plus bas niveau depuis 17 ans.

L'enquête mensuelle de la firme de fiches de paie ADP publiée jeudi, souvent considérée comme un indice préliminaire du rapport officiel sur l'emploi, a montré de robustes embauches pour le secteur privé seul, à 190.000 également. Même si c'est une diminution par rapport au chiffre d'octobre (235.000) qui avait été dopé par les efforts de reconstruction après les ouragans, ce rythme est conforme aux attentes des analystes.

Surtout, il montre une vigueur du secteur manufacturier (+40.000 emplois) qui ne manquera pas de satisfaire le président Donald Trump qui a fait du renouveau industriel américain un de ses chevaux de bataille.

"Le président va sans doute vouloir s'attribuer le mérite de la résurgence de l'emploi manufacturier cette année, mais la reprise de l'économie mondiale et la baisse du dollar ont été des facteurs majeurs", note Paul Ashworth, économiste en chef de Capital Economics.

Les chiffres anticipés pour vendredi devraient refléter un nouveau resserrement du marché du travail déjà très sensible à travers le Livre beige, ce rapport de conjoncture que vient de publier la Réserve fédérale (Fed).

La banque centrale y a noté qu'il devenait de plus en plus difficile dans toutes les régions du pays de recruter des travailleurs qualifiés. En conséquence, les salaires commencent à augmenter "modestement", ce qui est de bon augure pour les travailleurs américains dont les rémunérations stagnent en termes réels depuis plusieurs décennies. Mais c'est aussi le signal que l'inflation pourrait remonter.

La Fed a d'ailleurs déjà relevé des hausses de prix dans les matériaux de construction, l'immobilier résidentiel, les transports, les coûts de fabrication manufacturiers et les carburants.

Si les créations d'emplois, dont beaucoup sont des postes à temps partiels, continuent de prospérer à un rythme supérieur à 100.000 par mois, le taux de chômage pourrait tomber à 3,5% au milieu de l'année prochain, assure Ian Shepherdson, de Pantheon Macroeconomics.

- De l'huile sur le feu -

Certains économistes craignent désormais ouvertement la surchauffe qui généralement signifie d'abord la résurgence de l'inflation.

"Le marché du travail pourrait bien surchauffer. Nous n'y sommes pas encore, mais on y va", a lancé Mark Zandi, l'économiste en chef de Moody's Analytics qui publie avec ADP l'enquête mensuelle sur l'emploi dans le secteur privé.

"Le rythme actuel de presque 200.000 nouveaux emplois par mois représente plus du double de l'augmentation mensuelle de la population active. Voilà une économie qui risque de surchauffer surtout si on ajoute des réductions d'impôts qui creusent le déficit", a-t-il ajouté.

"Si vous jetez de l'huile sur cette économie, elle va surchauffer", a résumé cet économiste.

L'administration Trump est en passe de faire adopter au Congrès des coupes d'impôts très favorables aux entreprises qui vont gonfler le déficit d'au moins 1.000 milliards de dollars sur dix ans.

De nombreux experts s'interrogent sur l'opportunité de cette relance fiscale alors que la croissance du PIB s'est accélérée à 3,3% au troisième trimestre.

"Nous nous mettons dans une situation budgétaire terrible actuellement", a commenté mercredi sur la chaîne financière CNBC Alan Greenspan, l'ancien président de la Fed. "L'administration ordonne des réductions d'impôts (...). On a besoin de se concentrer seulement sur la réduction de la dette", a-t-il expliqué.

"Si rien n'est fait, on se dirige vers une stagflation, avec une hausse significative de l'inflation", a prédit M. Greenspan, ajoutant que la croissance du quatrième trimestre allait ralentir.

Ces perspectives devraient renforcer l'intention affichée de la banque centrale de relever de nouveau d'un quart de point les taux directeurs lors de sa réunion monétaire la semaine prochaine, les 12 et 13 décembre. Ce serait le troisième tour de vis monétaire cette année.

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