CAC40 5 363 0,2%  Dow 22 957 0,4%  EStoxx50 3 606 0,1%  Dollar 1,1796 0,0% 
SBF120 4 169 -0,2%  Nasdaq 6 624 0,3%  FTSE100 7 527 -0,1%  Pétrol 57,9 1,3% 
CAC M.60 14 595 0,1%  S&P 500 2 558 0,2%  Nikkei 21 256 0,5%  Or 1 296 0,0% 

11/08/2017 17:15:07

USA: L'inflation peine à décoller mettant la Fed dans l'expectative


Washington (AFP): L'inflation peine a decoller aux Etats-Unis pesant sur la strategie de resserrement monetaire de la Banque centrale (Fed) mais favorisant indirectement la politique economique de...

Donald Trump.

L'indice des prix à la consommation (CPI) a progressé en juillet de 0,1%, marquant une légère progression par rapport au mois précédent où il avait stagné mais sous les attentes de la majorité des économistes qui anticipaient une progression de 0,2%.

Depuis mai, l'indice reste sous les 2% en glissement annuel, le seuil que la Fed se fixe comme le minimum nécessaire pour relever ses taux. "Je m'attends à ce que les chiffres de l'inflation montrent un peu plus de pression à la hausse que ce qu'on a vu au cours des quatre derniers mois", avait d'ailleurs reconnu jeudi le président de l'antenne de New York de la Fed, William Dudley.

Les chiffres publiés vendredi ne satisfont pas vraiment ses espérances. Sur un an, la hausse du CPI n'est que de 1,7% en juillet, après 1,6% en juin.

Certains analystes notent toutefois que la faiblesse de la hausse le mois dernier est essentiellement imputable à une chute des prix de l'hôtellerie qui ne devrait pas perdurer. "Cela ne colle pas avec la hausse des taux d'occupation des hôtels et nous devons nous attendre à un fort rebond en août", souligne Ian Shepherdson de Pantheon Macroeconomics.

Mais pour John Bohnaker de IHS Markit, "l'inflation est modérée dans tous les secteurs". Il juge néanmoins que "même si les chiffres d'aujourd'hui (vendredi) sont bien en-dessous de l'objectif de 2% de la Fed, la majorité des membres du comité monétaire vont donner davantage de poids aux récents chiffres du chômage et au rebond de ceux de la croissance et maintenir leur objectif de normalisation graduelle de la politique monétaire".

Le taux de chômage est tombé en juillet à 4,3%, son plus bas en 16 ans, et la croissance a montré des signes de reprise à 2,6% en rythme annualisé au deuxième trimestre après 1,2% au premier.

La Fed a déjà remonté deux fois ses taux cette année mais les a maintenus dans la fourchette de 1% à 1,25% lors de sa dernière réunion mi-juillet. Les prochaines auront lieu mi-septembre, début novembre et mi-décembre.

A en croire l'indice à terme sur les taux de la Fed, les chiffres publiés vendredi ont quasiment éliminé la probabilité d'une hausse en septembre et diminué celle d'un resserrement en novembre. Mais ils ont paradoxalement augmenté les chances d'une hausse en décembre.

La présidente de la Fed, Janet Yellen, a toutefois d'autres armes à sa disposition pour indirectement resserrer la politique monétaire. Notamment la réduction des quelque 4.500 milliards de dollars de titres obligataires accumulés au bilan de la Fed après la récession de 2009.

"Nous estimons qu'ils (le comité monétaire) se concentreront sur la réduction du bilan en septembre et repousseront une nouvelle hausse à décembre", juge M. Bohnaker.

- Pouvoir d'achat -

En attendant, le maintien de taux bas et la baisse du dollar, que cette perspective favorise, fait les affaires de Donald Trump.

Le dollar, qui avait repris un peu de couleurs ces derniers jours, est reparti à la baisse vendredi après l'annonce des chiffres de l'inflation. Cela encourage les exportations en rendant les produits américains plus concurrentiels et décourage les importations en rendant ceux des produits étrangers plus élevés alors que le président américain a fait de la réduction des déficits commerciaux une de ses priorités.

Face à un pouvoir d'achat en berne faute de hausse des salaires, l'inflation basse sert aussi les intérêts des consommateurs, note l'économiste indépendant Joël Naroff. "La Fed veut que l'inflation reprenne mais cela ne serait pas bon pour les ménages", souligne-t-il.

Comme c'est leur consommation qui répond pour près des deux tiers de la croissance aux Etats-Unis, Donald Trump pourrait voir se réaliser son objectif de faire grimper la progression du Produit Intérieur brut (PIB) à 3%.

Le président américain a toujours crié haut et fort sa préférence pour des taux bas et l'a fait comprendre à Janet Yellen dont le mandat arrive à expiration début février et qu'il devra reconduire...ou non.

"J'aimerais voir les taux d'intérêt rester bas. Historiquement c'est quelqu'un qui a été en faveur des taux bas", a souligné le président fin juillet en évoquant la présidente de la Fed. Le maintien d'une inflation basse contribuera à aider Mme Yellen dans cette voie.

Ajouter une émission

Infos

  • Actualités des Actions
  • Tous les articles
pagehit