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11/01/2017 12:15:06

Présidentielle: relancer l'économie, défi de taille des candidats


Paris (AFP): Malgre un deficit public reduit et une courbe du chomage qui tend a s'inverser, l'economie francaise peine a retrouver de l'elan, cinq ans apres l'election de Francois Hollande.

de. Un défi pour les candidats à la présidentielle, très attendus sur les questions économiques.

"Malgré les efforts entrepris, la situation reste compliquée", résume Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque, pour qui l'avenir de l'économie tricolore va constituer l'un des points clé de l'élection. "L'activité a redémarré, mais on reste sur une croissance très molle".

En 2012, le candidat socialiste avait fait de la relance de l'économie, éprouvée par la plus grave crise depuis 1929, l'une de ses priorités. En promettant une croissance de plus de 2% dès 2014 et un retour des finances publiques à l'équilibre en 2017.

Las. Après être tombée à 0,2% en 2012, la hausse du produit intérieur brut (PIB) a plafonné à 0,6% en 2013, puis 0,7% en 2014. Même si l'activité a repris en 2015 (1,2%), la croissance fait encore pâle figure, avec 1,2% attendu par l'Insee en 2016, moins que dans la zone euro (1,7%).

En cause, selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE): les hausses massives d'impôts décidées pour redresser les comptes publics en début de quinquennat, faute d'avoir obtenu à Bruxelles un accord sur une modification des règles budgétaires imposées aux Etats membres.

Dès lors, le gouvernement s'est lancé dans une politique de "sérieux budgétaire" et "l'économie française est entrée dans une période d'austérité assez forte avec un choc fiscal assez marqué", rappelle Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM.

Pour Emmanuel Jessua, de l'institut Coe-Rexecode, ce mauvais départ a "laissé des traces profondes". Cinq ans plus tard, c'est en partie sur le constat de son échec à redresser l'économie que François Hollande a jeté l'éponge.

- Un tournant tardif -

Selon l'OFCE, les choix budgétaires du gouvernement ont certes permis de réduire le déficit public de 5,1% du PIB en 2011 à 3,5% en 2015, et sans doute moins de 3% cette année. Mais cette politique, insuffisante pour ramener les comptes à l'équilibre, a amputé la croissance de 0,8 point par an en moyenne entre 2012 et 2017.

"Le problème, c'est que le changement de cap n'est arrivé qu'en 2013", souligne Christopher Dembik. Un changement symbolisé par le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité, qui instaure des baisses de cotisations patronales et des mesures de réductions fiscales pour les entreprises.

Ces dispositifs ont "constitué un tournant, une vraie prise de conscience des défis structurels de l'économie française", comme la perte de compétitivité des entreprises, souligne Emmanuel Jessua. Mais "ce type de mesures met plusieurs années à produire des effets positifs", ajoute l'économiste.

Le "pacte", de fait, a permis de redresser les marges des entreprises, fortement rognées depuis le début de la crise en 2008. Pourtant, son impact sur les investissements et l'emploi reste ténu, la courbe du chômage, avec un taux de 9,7%, tardant à s'inverser.

- L'offre ou la demande? -

"On a un peu l'impression que la politique économique du gouvernement s'est arrêtée" au pacte de responsabilité, juge Philippe Waechter. "On a bien eu la loi Macron sur les bus et l'ouverture des magasins le dimanche, mais ce ne sont pas des éléments structurants comme on pourrait l'attendre d'une politique économique", estime-t-il.

Pour François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), du "chemin" doit encore être "parcouru", pour réduire notamment le déficit commercial, talon d'Achille de l'économie française. "Les réformes doivent être accentuées", plaide-t-il.

Le prochain président ira-t-il plus loin dans cette "politique de l'offre", centrée sur la compétitivité des entreprises, ou bien privilégiera-t-il une "politique de la demande", au motif que les baisses de charges n'ont pas apporté les résultats escomptés? "C'est tout l'enjeu de la campagne", résume Christopher Dembik.

A droite, François Fillon prévoit d'accélérer les mesures en faveur des entreprises, compensées par une forte réduction des dépenses publiques. A gauche, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg souhaitent une forte relance budgétaire - Manuel Valls proposant un équilibre entre les deux approches.

Hausse des dépenses ou bien rigueur: "C'est aujourd'hui le débat-clé", juge M. Dembik. Un débat qui passe par celui, omniprésent, de l'avenir des règles budgétaires européennes que plusieurs candidats disent vouloir renégocier.

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