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16/02/2017 12:15:13

La Suisse s'élance sur les pistes de ski iraniennes


Darband Sar (Iran) (AFP): Une tempete de neige balaie les montagnes juste au nord de Teheran, mais, malgre le froid glacial, une petite equipe d'instructeurs de ski venue de Suisse compte bien...

profiter du rapprochement entre ce pays et l'Iran pour transmettre sa passion.

"Les conditions sont intéressantes", lance en riant Vincent Pilet, un des trois moniteurs suisses, tandis que les bourrasques fouettent littéralement la fenêtre du café en bas de la station de Darbandsar, à un peu plus d'une heure de route de Téhéran.

Le trio sélectionne depuis une quinzaine de jours les meilleurs skieurs iraniens, qui recevront ensuite une formation d'instructeurs.

"Nous nous attendions à avoir 30 à 40 personnes par jour, mais nous en avons eu en moyenne 70 et même 140 un jour", s'étonne Lors Ambresin, un des trois Suisses.

L'Iran n'est pas une destination naturelle pour les amoureux du ski et lorsque l'on pense à la République islamique, ce ne sont pas les pentes recouvertes de neige poudreuse qui viennent immédiatement à l'esprit.

Mais les montagnes de l'Alborz, au nord de la capitale iranienne, comptent d'excellentes pistes même si les équipements datent pour la plupart d'avant la révolution islamique de 1979.

"Les remontées mécaniques sont un peu vieilles, mais cela ajoute au charme", commente à cet égard Vincent Pilet.

- 'Sport d'élite' -

La pratique du ski en Iran a été introduite il y a environ 80 ans par des Allemands venus exploiter des mines de charbon dans l'Alborz.

"Les habitants du village ont commencé à tailler des skis dans des troncs d'arbres", raconte Morteza Saveh Shemshaki, un responsable de la Fédération iranienne de ski.

Les domaines skiables ont attiré les investisseurs internationaux dans les années 1970 : les Français ont construit ce qui était à l'époque le téléphérique le plus long du monde dans le nord de Téhéran, mais la Révolution islamique a provisoirement gelé l'expansion de ce sport.

La pratique du ski a surtout pris son essor ces dernières années.

Jusqu'au milieu des années 1990, les pistes réservées aux skieurs et celles des skieuses étaient séparées par une longue corde, mais si "certains n'aiment pas l'idée que les hommes et les femmes s'amusent ensemble", "ici ils ne peuvent pas faire grand-chose", estime un skieur qui préfère garder l'anonymat.

L'accord sur le dossier nucléaire signé en 2015 entre Téhéran et de grandes puissances ayant permis la levée d'une partie des sanctions internationales pesant sur l'Iran, la compagnie d'investissement suisse SGCH espère pouvoir développer le marché iranien du ski.

Son patron, Andrea Gabus, pense que la formation d'instructeurs d'un niveau international attirera plus de skieurs et permettra de renforcer les liens commerciaux entre l'Iran et la Suisse.

"Le ski est actuellement un sport d'élite en Iran mais en raison de la proximité de Téhéran avec les stations, il est possible de le rendre plus démocratique et d'attirer plus de monde", dit-il.

- 'Ne pas avoir peur' -

M. Gabus sait que l'environnement des affaires iranien est difficile et que le nouveau président américain Donald Trump risque de compromettre l'ouverture de l'Iran avec de nouvelles sanctions, ce qui pourrait créer plus d'instabilité.

"Les entreprises ne devraient pas avoir peur de venir en Iran. Il y a beaucoup d'obstacles mais ils ne sont pas insurmontables", assure-t-il.

"Même si nous aurons peut-être quelques années difficiles à cause de ce qui se passe aux Etats-Unis (...), le développement des infrastructures pour les sports d'hiver se joue sur le long terme", ajoute-t-il, soulignant qu'il faut se placer dans une "perspective de 25 ans".

"Nous venons d'un pays où le ski s'est développé année après année et nous arrivons dans un pays (...) où il n'y a presque rien. Il faut donc nous adapter", note Lors Ambresin.

Mais l'ambiance générale est à l'optimisme et les Iraniens sont satisfaits de s'entraîner avec des instructeurs étrangers.

"C'est très positif", se réjouit Alireza Ghotbi. "Avant, les instructeurs utilisaient des livres pour s'améliorer, c'est bien mieux avec les entraîneurs suisses d'un niveau international".

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