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16/02/2017 09:19:12

Hanjin Shipping, un naufrage emblématique des limites des "chaebols"


Seoul (AFP): Naguere premier armateur sud-coreen et septieme mondial, Hanjin Shipping sombrera definitivement vendredi quand un tribunal prononcera sa faillite, un naufrage emblematique des limites...

des "chaebols" sud-coréens.

Hanjin Shipping était autrefois l'un de ces puissants conglomérats qui contribuait à porter l'impertinente croissance de l'économie sud-coréenne. Mais, avec des milliards de dollars de dette dans son sillage, l'entreprise n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Giflée par la crise du commerce mondial ces trois dernières années, asphyxiée par la baisse de la demande chinoise, Hanjin a été contrainte de déposer son bilan en août quand ses créanciers ont refusé de la renflouer.

Hanjin Shipping, qui naviguait à vue dans sa pire crise depuis 60 ans, accusait alors une dette de 5,37 milliards de dollars.

Le début de la fin pour la compagnie remonte peut-être à 2007 quand la veuve de son propriétaire, qui avoue elle-même être une femme au foyer sans expérience des affaires, prend les commandes du navire. Une illustration des dangers inhérents à la nature des "chaebols".

Choi Eun-Young est propulsée directrice exécutive à la mort de son mari Cho Sun-Ho, qui était le fils du fondateur Cho Choong-Hoo. La nouvelle capitaine du navire se lance dans une politique d'expansion, en augmentant les tarifs en raison de l'essor du secteur.

La compagnie est cependant très vite prise à la gorge par la crise financière mondiale, et Choi Eun-Young cède la barre à son beau-frère Cho Yang-Ho en 2014.

- Génération dorée -

"Je n'avais aucune expérience, j'avais passé ma vie à la maison", a reconnu en septembre Choi Eun-Young devant une commission d'enquête parlementaire.

En dépit des injections successives de fonds, le ver était dans le fruit.

Le dépôt de bilan a fait l'effet d'une bombe dans le monde du transport maritime. Du jour au lendemain, l'essentiel de la flotte de Hanjin -141 bateaux- s'est retrouvée immobilisée dans les ports du globe du fait de craintes d'impayés.

Chung Sun-Sup, directeur général du site spécialisé chaebol.com, estime que cette faillite illustre les limites de la gouvernance des conglomérats.

Ils sont crédités d'avoir été les fers de lance de l'expansion économique sud-coréenne. Mais en même temps, leur mode de succession familiale est une faiblesse dans un environnement mondial extrêmement compétitif.

"Les successions se fondent sur les liens familiaux et pas sur les compétences", explique-t-il. "Mme Choi n'a pas pris les décisions nécessaires alors que les signaux d'alarmes retentissaient il y a plusieurs années déjà."

"D'autres cadres dirigeants n'ont pas osé le lui dire", poursuit-il en référence à une culture d'obéissance et de respect de la hiérarchie très forte dans les chaebols.

Les mêmes problèmes ont été observés chez Samsung, un conglomérat qui pèse un cinquième du produit intérieur brut (PIB) sud-coréen, au moment de la crise du Galaxy Note 7, cet appareil dernier cri dont la production a été arrêtée à l'automne car il présentait des risques d'explosion.

Ce gigantesque fiasco commercial est survenu au moment où le conglomérat négociait la délicate succession entre le patriarche Lee Kun-Hee et son fils, le vice-président de Samsung Electronics Lee Jae-Yong, qui est aussi le petit-fils du fondateur Lee Byung-chul.

Les choses se corsent justement selon l'économiste Song Deok-Jin quand arrive à la tête des conglomérats la troisième génération.

Les fondateurs gardaient généralement près d'eux leur fils afin de leur apprendre sur le terrain le métier, les rouages de la gouvernance et les vertus de la communication avec les employés.

La troisième génération passe, elle, généralement pour une génération dorée élevée à l'écart du monde réel, observe M. Song.

"A la fin de leurs études, ils sont rapidement propulsés au sommet à des postes directionnels qu'ils soient ou non prêts et compétents", dit-il.

"Pour Hanjin Shipping, avoir à sa tête une veuve dénuée de capacités managériales n'a pas aidé."

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