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11/01/2017 04:12:23

Goodyear Amiens: les juges d'appel plus cléments qu'en première instance


Amiens (AFP): En prononcant des peines avec sursis et meme une relaxe, la cour d'appel d'Amiens a nettement adouci, mercredi, les condamnations a de la prison ferme prononcees en premiere instance...

à l'encontre de huit salariés de Goodyear Amiens-Nord poursuivis pour avoir séquestré en 2014 deux dirigeants de leur usine.

En première instance, le 12 janvier 2016, les huit prévenus avaient été condamnés à 24 mois de prison dont neuf ferme, un jugement qui avait soulevé une vague d'indignations parmi les syndicats et dans la classe politique à gauche.

A l'audience en appel, le 19 octobre, l'avocat général Dominique Tailhardat avait requis deux ans de prison avec sursis à l'encontre des huit hommes, parmi lesquels cinq militants CGT.

A ses yeux, les faits relevaient de la "délinquance pure et simple". Ils ont essayé "de détruire psychologiquement" les deux cadres séquestrés, "les insultes ont fusé tout comme les actes d'humiliation", avait soutenu M. Tailhardat.

Dans ce procès sans plaignant (Goodyear a retiré sa plainte, comme les deux cadres concernés), les prévenus avaient tenté de convaincre les juges de leur absence de culpabilité et de la légitimité de leur action.

Les 6 et 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines et le directeur de la production avaient été retenus pendant une trentaine d'heures dans les locaux de l'usine de pneumatiques occupée par quelques dizaines de salariés en colère après l'annonce de la fermeture de ce site de 1.143 salariés.

Quatre des salariés, dont Mickaël Wamen, ex-leader de la CGT de l'usine, ont été reconnus coupables de séquestration et condamnés à 12 mois avec sursis. En revanche, ils ont été relaxés du chef d'accusation de "violences en réunion".

A l'inverse, trois salariés ont été relaxés du chef de "séquestration" mais reconnus coupables de "violences en réunion". Deux d'entre eux ont été condamnés à trois mois avec sursis, le troisième à deux mois avec sursis.

Le huitième salariés poursuivi, Hassan Boukri, a été totalement relaxé.

Leur avocat à tous, Me Fiodor Rilov, avait requis une relaxe générale.

Environ 350 militants CGT étaient rassemblés en fin de matinée devant le palais de justice, avant le jugement attendu à 13H30. "La relaxe! La relaxe!", scandaient-ils. "Nous trouvons injuste que des gens qui ont défendu leurs emplois et ceux de leurs camarades soient condamnés. Ils sont traités comme des voyous, des délinquants...", regrettait encore Laurent Coussin, adhérent CGT venu du Havre en bus.

"J'espère que les juges vont faire un travail de juge et pas de politicien et on espère que ce jugement permettra pour les ex-Goodyear de tourner une page douloureuse", avait également lancé au micro Mickaël Wamen, l'un des prévenus et figure emblématique du "combat" des Goodyear.

Cette peine avait provoqué un tollé en France où plusieurs manifestations de soutien avaient été organisées et une pétition en ligne réclamant l'arrêt des poursuites à leur encontre avait recueilli plus de 171.000 signatures. La CGT y avait vu un symbole de la "criminalisation de l'action syndicale".

Lors du procès en appel, 10.000 personnes selon la CGT et 5.000 selon la préfecture s'étaient rassemblées pour soutenir les huit prévenus, au côté du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, de Jean-Luc Mélenchon, d'Olivier Besancenot (NPA) ou encore de François Ruffin, l'auteur du film "Merci, patron !".

Les prévenus encouraient jusqu'à cinq ans de prison.

Dans cette affaire, "la dignité humaine a été touchée et nous ne pouvons pas tolérer ce genre de comportement quel que soit le contexte", avait estimé l'avocat général.

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