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16/02/2017 11:04:19

Etre entrepreneur ou salarié, certains choisissent les deux


Paris (AFP): Pour lancer leur activite tout en s'assurant les droits d'un salarie, pres de 10.000 independants se tournent vers les cooperatives d'activite et d'emploi (CAE), des structures en...

plein essor qui permettent aussi de rompre l'isolement.

"J'étais à la recherche d'un statut alliant liberté et sécurité", résume Karen Ganilsy, membre depuis 2013 de la CAE Coopaname pour lancer son activité de médiation et relations publiques.

En quittant le cabinet d'avocats où elle travaillait, l'idée de revenir "vers du salariat, comme exécutant" ne lui convenait pas, ni celle de démarrer son projet sans être entourée. A Coopaname, la jeune femme a ainsi pu développer son activité personnelle en se salariant au sein de la coopérative, devenant ainsi entrepreneur-salariée d'une structure commune à plusieurs indépendants aux activités variées.

Le fonctionnement de la centaine de CAE françaises est simple. Le chiffre d'affaire dégagé par chaque membre de la coopérative est perçu par la Scop qui prélève directement les cotisations, lui permettant ainsi d'être affilié au régime général de la sécurité sociale. Contrairement à un auto-entrepreneur, le salarié de la CAE bénéficie de l'assurance chômage et maladie et des mêmes droits en termes de retraite et de congé maternité que n'importe quel employé en CDI.

Une fois ces prélèvements effectués, "chacun décide du salaire qu'il se verse et de la somme qu'il place dans sa propre trésorerie" explique Pascale Hayter, associée à Coopaname. Enfin, chaque membre "contribue à hauteur de 11,5% de sa marge brute" au fonctionnement de la Scop.

Trente salariés permanents assurent en contrepartie la gestion administrative des 800 coopérateurs de Coopaname répartis entre l'Ile de France, la Sarthe et la Gironde, leur comptabilité et établissent les fiches de paie.

Surtout, à travers des ateliers de formation et de conseil, les coopérateurs de tous horizons reçoivent un suivi personnalisé pour mener à bien leur projet. "On se définit comme une mutuelle de travail, un endroit où on peut se construire une sécurité collective et se prémunir contre les risques, comme celui du rapport de forces déséquilibré face au donneur d’ordre", résume Noémie de Grenier, codirectrice générale de Coopaname.

Si chaque coopérateur poursuit sa propre activité, cela n'empêche pas de partager des savoir-faire ou des projets communs. Karen Ganilsy a par exemple participé à un marché de Noël avec une créatrice de mosaïques, une sophrologue, un paysagiste et une pâtissière ambulante.

- Une réponse à 'l'ubérisation' du travail -

"Les coopérateurs se dotent collectivement de droits auxquels ils n'auraient pas accès s'ils étaient micro ou auto-entrepreneurs: droit du travail, protection sociale, formation continue, outils financiers, mécanismes de solidarité, opportunités d'affaires", explique Pascale Hayter. Un fonctionnement qui peut répondre à son échelle aux inégalités du monde du travail et aux ratés de l'entrepreneuriat.

C'est "une nouvelle formule de travail émancipé de la subordination, loin du rêve américain véhiculé par des plateformes comme Uber qui exploitent des +indépendants+ pour un quart de smic tout en perdant de l’argent", assure Noémie de Grenier.

Les CAE ne prétendent pas pour autant être la solution miracle contre la précarisation du travail. A Coopaname, le salaire moyen est de 700 euros mensuels et le modèle économique reste tributaire des subventions qui financent la formation et l'accompagnement, soit 35% de son budget.

L'ambition est d'ailleurs moins de s'étendre indéfiniment que de "consolider" la centaine de CAE existantes, explique une porte-parole du réseau Coopérer pour entreprendre, dont fait partie Coopaname, et de mailler des territoires non-couverts comme le sud-est ou l'Auvergne.

La mise en place de ces coopératives est parfois "lourde", les décisions plus "lentes" à prendre, admet Karen Ganilsy. Ces Scop se sont néanmoins imposées comme une pierre angulaire de l'économie sociale et solidaire. "Nous sommes en quelque sorte le dernier avatar du mouvement ouvrier", relève Noémie de Grenier.

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