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19/06/2013 13:42:43

Bruxelles sanctionne le laboratoire Lundbeck pour une entente concernant les médicaments génériques


BRUXELLES, 19 juin 2013 (AFP) -:

La Commission europeenne a inflige quelque 150 millions d'amende mercredi a plusieurs compagnies pharmaceutiques, dont le Danois Lundbeck, qu'elle accuse de s'etre entendues en 2002 pour retarder l'arrivee sur le marche de medicaments generiques moins chers pour les patients.

Lundbeck a recu une amende de 93,8 millions, et plusieurs entreprises fabricant des generiques ont ete condamnees a un total de 52,2 millions d'euros pour avoir retarde la...

mmercialisation de versions génériques, et meilleur marché, du citalopram, l'antidépresseur phare produit par Lundbeck.

Parmi ces entreprises figuraient notamment Alpharma (aujourd'hui partie intégrante de Zoetis), Merck KgaA/Generics UK (Generics UK fait aujourd'hui partie de Mylan), Arrow (repris par Actavis) et Ranbaxy.

Le citalopram était à l'époque le produit le plus vendu de Lundbeck, mais le brevet de la molécule ayant expiré, un fabricant de génériques avait commencé à en commercialiser une version moins chère, et plusieurs autres s'apprêtaient à en faire autant.

Mais au lieu de faire concurrence à Lundbeck, les producteurs de génériques se sont entendus avec le groupe danois pour ne pas entrer sur le marché, moyennant des paiements importants représentant "des dizaines de millions d'euros", en infraction à la législation européenne sur la concurrence.

"Tout cela a eu lieu au préjudice des patients", a souligné au cours d'une conférence de presse le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia. Il a pris l'exemple du Royaume-Uni où, après l'arrivée sur le marché de la version générique du citalopram, les prix ont chuté de 90%.

L'enquête a mis au jour des documents internes faisant référence à la formation d'un "club" et à "des piles de dollars" à répartir entre participants.

Elle a aussi montré que Lundbeck, en plus de payer des sommes considérables, a acheté des stocks de génériques dans le seul but de les détruire.

Le laboratoire danois a immédiatement réagi en annonçant son intention de faire appel de sa condamnation. Le laboratoire allemand Merck, l'ancienne maison-mère de Generics UK, a également soulevé la possibilité de faire appel, par l'intermédiaire d'un porte-parole.

Lundbeck conteste en effet la décision de la Commission, avec laquelle il est "en profond désaccord" et dont il juge l"approche erronée", explique le groupe danois dans un communiqué.

Il considère comme justifiés les transferts d'argent d'un laboratoire ayant son propre médicament, dit "princeps" vers des entreprises fabricant des génériques. Lundbeck affirme en outre que ses brevets étaient protégés et que cela avait été confirmé par l'Office européen des brevets.

M. Almunia a répondu aux arguments de Lundbeck en rappelant que le brevet protégeant la molécule elle-même "avait expiré lorsque Lundbeck a payé" les fabricants de génériques pour les empêcher d'entrer sur le marché, ce qui est "très clairement une pratique anticoncurrentielle".

Certes, Lundbeck disposait encore de certains brevets, mais ceux-ci concernaient ses procédés de fabrication, or le médicament aurait pu être fabriqué selon d'autres procédés, a-t-il fait valoir.

Il a aussi mis en avant la décision de la Cour suprême américaine lundi, jugeant qu'elle "va dans le même sens" que la décision de la Commission. La plus haute juridiction des Etats-Unis a jugé que les laboratoires pharmaceutiques pouvaient être poursuivis s'ils payaient les fabricants de génériques pour retarder la commercialisation de ces médicaments.

L'enquête concernant Lundbeck avait été ouverte en janvier 2010. La Commission a d'autres enquêtes en cours concernant des pratiques visant à retarder l'entrée sur le marché de médicaments génériques.

Elle a notamment adressé des communications des griefs au Français Servier dans une enquête concernant le perindopril, un médicament cardio-vasculaire, et une autre à l'Américain Johnson & Johnson et au Suisse Novartis concernant le fentanyl, un analgésique.

Le fait de retarder l'entrée sur le marché de médicaments génériques par des accords et moyennant finance n'est pas la seule stratégie utilisée par les grands laboratoires pharmaceutiques. Le 14 mai, le groupe français Sanofi a ainsi été condamné par l'autorité française de la Concurrence à une amende de 40,6 millions d'euros pour "dénigrement de génériques".

Il était accusé d'avoir mis en place une stratégie de dénigrement auprès de professionnels de la santé visant les versions génériques de son médicament anti-thrombotique Plavix, en faisant croire qu'elles risquaient d'avoir un effet négatif sur la santé des patients.

cel/aje/nas

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