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13/09/2017 07:44:37

Berlin empêtrée dans une bataille autour de ses aéroports


Berlin (AFP): Cinq ans de retard, six milliards d'euros depenses, mais Berlin n'a toujours pas son aeroport moderne. Du coup, les partisans de l'actuel aerodrome, cense fermer, donnent de la voix a...

l'occasion des élections allemandes.

Le 24 septembre, jour des législatives, les Berlinois vont aussi participer à un référendum local d'initiative populaire demandant s'il faut fermer l'aéroport surchargé de Tegel.

Une question en forme de défi lancé à la chancelière Angela Merkel, qui refuse que les deux sites aéroportuaires fonctionnent en parallèle.

Légalement, la fin de service de Tegel (TXL) doit coïncider avec l'ouverture de son successeur, l'aéroport BER. Problème: du fait de négligences, de l'incompétence, voire de la corruption des entrepreneurs et des autorités, l'inauguration du nouvel aéroport prévue en juin 2012 n'a jamais eu lieu et aucune date n'est fixée à ce jour.

Les défenseurs de Tegel, organisés en associations et soutenus par les libéraux du FDP, ont de ce fait lancé une offensive pour "sauver" cet aéroport. Et les sondages leur sont favorables.

- Déjà trop petit -

Apprécié de nombreux Berlinois du fait de sa facilité d'accès et de ses dimensions réduites, Tegel était aussi la principale porte de sortie de l'île qu'était Berlin-Ouest dans l'espace soviétique. Voilà côté sentiments, car d'autres arguments sont mis en avant.

Selon ses détracteurs, le nouvel aéroport, situé au sud de la capitale, ne pourra pas suffire à une ville en plein boom touristique.

Rien qu'en 2017, 35 millions de passagers aériens sont attendus. Or le BER n'est prévu que pour 22 millions de voyageurs.

Face à ces chiffres, même le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, s'est converti au maintien de Tegel: "Lorsque je m'aperçois que nous aurons en 2025 à Berlin dix millions de passagers qui ne pourront pas voyager depuis le nouvel aéroport, je me dis qu’il est urgent de reconsidérer le problème."

La mairie de Berlin a beau défendre le BER et promettre de porter sa capacité à 45 millions de passagers en 2025, la bataille des aéroports fait rage.

La municipalité est soutenue par de nombreux habitants, pour qui le scénario du maintien de Tegel a tout du cauchemar, notamment ceux qui ont investi en lisière de l'aéroport, convaincus de sa fermeture imminente.

Elke Steinel, 47 ans, a ainsi acheté en 2010 dans le quartier de Pankow une petite maison pile dans l’axe des décollages et atterrissages. Chaque jour, il y passe des dizaines d'avions, tôt le matin et la nuit.

"Je suis désespérée, nous nous sommes endettés! (...) Si on avait su que les choses se passeraient de cette façon, on aurait fait les choses différemment", soupire cette directrice de crèche et mère de trois enfants.

- Merkel au créneau -

Des associations se sont créées, comme "Pankow sagt Nein" (Pankow dit non), afin de mettre l'accent sur le vaste plan d’aménagement du site de Tegel, qui prévoit l'implantation d'une université scientifique, d’entreprises et d'habitations, alors que la capitale est justement en quête de logements et d'emplois.

Angela Merkel est aussi intervenue, rejetant en l'état que les deux aéroports soient maintenus. "Le cadre légal est tout autre", a-t-elle averti.

Le patron des aéroports de Berlin et la mairie veulent pour leur part convaincre les électeurs que garder Tegel serait trop onéreux, alors que le BER a déjà coûté six milliards d'euros au lieu de 1,7 milliard prévu.

"En raison de la fermeture programmée, nous avons utilisé Tegel jusqu’à l’usure pendant des années", a expliqué à l'agence DPA Engelbert Lütke-Daldrup, président de la société Aéroports de Berlin Brandebourg, et "une nécessaire rénovation coûterait plus d’un milliard d’euros".

Toujours est-il que ni la mairie ni le gouvernement n'ont clairement dit ce qu'il se passerait si les Berlinois devaient voter pour le maintien de Tegel.

"Il faudra réfléchir à ce résultat", ose prudemment Matthias Kollatz-Ahnen, ministre des Finances de Berlin.

Avant tout, ce résultat serait une humiliation pour la mairie, alors qu'en 2014, elle avait déjà dû renoncer à un vaste projet immobilier sur le site d'un autre l'aérodrome, celui de Tempelhof.

Depuis, ce haut lieu du ravitaillement de Berlin durant le blocus de 1948-49 est devenu un parc. Par référendum.

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